Il y a un an… la formation Eloquentia

Samedi matin, après une longue semaine je prends mon courage à deux mains, je me décide à me lever, préparer mes affaires et me rendre à l’Université. Cette Université dans laquelle je passe le plus clair de mon temps et qui ne m’enchante pas. Je prends donc le bus, le tramway et puis je marche, 10 longues minutes. Mais pourquoi ? À ce moment là je ne sais pas encore très bien ce qui m’attend là bas. J’arrive dans le Hall du Bâtiment C de l’université, et je vois de nombreux autres élèves, je les observe, et je n’ai qu’une idée en tête ; tourner les talons et retourner à la maison. Je me demande pourquoi est-ce que je me suis lancée dans cette affaire.

                           Je rentre dans la salle, et j’entends, « il arrive ! », « il arrive ! », la porte s’ouvre et qui vois-je ? Le grand Robert Badinter. Pendant plus d’une heure, nous l’avons écouté avec le plus grand bonheur. Sa sagesse et son savoir m’ont donné de l’espoir. L’espoir d’être un jour aussi éloquente et captivante que lui. Juste après avoir été éblouie, grâce à l’artiste SdF, j’ai pris la bête par les cornes et j’ai appris à la dompter afin de mener au mieux un entretien d’embauche.

                           Nous nous regardions les uns les autres, certains se connaissaient, d’autres tissaient des liens. Pour le moment j’observais. Vint le cours de Théâtre, nous avons rencontré, Alexandra Henry, une grande femme au grand cœur, qui nous a appris que de grandes choses nous étaient accessibles. Avec ses jeux d’improvisation, nous avions l’impression d’être en recréation. Pendant les deux heures passées avec elle nous avons sauté, crié, charmé. Nous nous sommes énervés, enlacés, rejetés. Nous avons appris à rire de nous et à faire rire.

Chaque semaine elles nous invitaient dans son théâtre afin de voir les plus grands humoristes du moment. Non seulement elle nous a ouvert son monde, mais elle nous a aussi permis d’ y entrer et nous avons pu y jouer. Monter sur scène n’est pas une mince affaire, mais grâce à son savoir faire, chacun de nous a eu la chance de monter sur les planches.

                           Enfin, la pause déjeuner, moment tant attendu, nos ventres criaient famine, la douce odeur de friture du kebab de l’université nous guidait. Une fois attablé chacun parlait à son voisin, des liens se tissaient.

Le ventre bien rempli, je commençais à somnoler, mais c’était sans compter sur le flamboyant Bertrand Perrier qui comptait bien faire ressortir le meilleur de chacun d’entre nous. J’ai appris à combattre par la parole, que les mots piquent plus que la lame d’un couteau. Et même si parfois je me sentais comme une « merde » j’étais sure qu’en continuant j’aillais y arriver.

                           La fin de cette longue journée approchait et je sentais que personne n’avait envie de partir. C’était d’ ailleurs la première fois que je n’avais pas envie de quitter l’université. Cette journée était passée aussi vite que la lumière, je n’avais qu’une envie, c’était que mon réveil sonne à 7h30 le samedi suivant.

La formation Eloquentia a ainsi rythmé ma vie durant 6 semaines, les samedis à l’université étaient chaque fois plus fantastiques que la semaine précédente. Nous restions souvent bien après les cours pour papoter, nous raconter nos expériences, nous chamailler… Nous étions devenus une vraie petite famille. Nous n’avions pas envie que le temps passe. Malheureusement filou comme il est, il a filé trop vite, nous laissant comme cadeau, des talents cachés, des amitiés créées mais surtout des souvenirs plein la tête.

Farah Medarbi